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France - L’Education pour l’Environnement, ses caractéristiques et les implications pédagogiques liées

2004, par Association D.I.R.E.S. (Didactique, Innovation, Recherche en Education Scientifique

L’importance d’une Education pour l’Environnement (E.E.) n’échappe plus à personne. Depuis le début des années 1970 et surtout en 1975 avec le lancement par l’UNESCO du P.I.E.E. (Programme International d’Education Relative à l’Environnement) lors de la Conférence de Belgrade, on peut estimer qu’à partir des réflexions conceptuelles sur ce type d’Education, des enseignements issus de nombreux projets-pilote, des multiples propositions d’activités et des aides didactiques de toutes sortes, tout est réuni pour une réussite ! Reste cependant, dans la plupart des pays, à réaliser une véritable intégration de l’E.E. dans les systèmes scolaires.
L’Education pour l’Environnement a dans sa finalité l’action en faveur de l’Environnement et la recherche de solutions aux problèmes de l’Environnement et les objectifs qui en découlent ont été très tôt précisés. Aujourd’hui les caractéristiques essentielles de l’E.E. sont bien établies : en les présentant, on peut aisément en faire comprendre la spécificité et notamment la situer par rapport et dans l’éducation générale, tant des enfants que des citoyens adultes.

1. Les caractéristiques essentielles de l’E.E.
Celles-ci peuvent être dégagées de diverses manières :
1) Au niveau de la définition de l’E.E. et de la délimitation du domaine de son exercice. Une définition formelle de l’E.E. est difficile ; dans la pratique deux remarques simples permettent de proposer une réponse :
a) dans le mot Education, il y a plus, bien plus, que dans le mot Enseignement : c’est à prendre en compte avec force et détermination, car ceci entraîne d’importantes différences au niveau du choix des méthodes pédagogiques, de la définition des objectifs, d’une obligatoire référence aux valeurs, de l’utilisation de stratégies et d’outils adaptés.
b) dans le mot Environnement, il y a à la fois souvent beaucoup trop de choses et beaucoup trop d’imprécisions. Suffit-il de dire de l’Environnement que c’est ce qui nous entoure ? Où placer la limite de l’environnement auquel nous nous intéressons à un moment donné ? Comment éviter que le mot ne soit qu’un vocable à la mode, un prétexte à discours et à bonnes intentions ?
Devant ces difficultés, on peut envisager l’approche suivante : définir l’E.E. par ses « objets », c’est-à-dire par les domaines qu’elle prend en compte.
L’E.E. a 2 « objets » : les problèmes d’environnement et les problèmes de gestion de ressources. Il est facile d’obtenir auprès de l’homme de la rue une liste de problèmes d’environnement : pollutions diverses, nuisances comme le bruit, déforestation, désertification, atteintes au paysage, etc... On a ainsi le premier objet de l’E.E. Mais d’où viennent ces problèmes d’environnement ? La réponse est simple : ce sont les conséquences de l’activité humaine économique, qui s’exerce à partir de l’utilisation des ressources : le deuxième objet de l’E.E. concerne donc les problèmes relatifs aux ressources. Il est évident que parmi les solutions aux problèmes celles qui sont préventives plutôt que curatives sont essentielles ; donc parmi les alternatives à mettre en avant dans une optique d’E.E., celles se référant au respect de la Nature, aux attitudes de non-gaspillage, à la protection, à la conservation... sont les plus intéressantes.
2) Sur la façon de nommer ce secteur de l’éducation. À une Education par l’Environnement qui ne serait que le prétexte à un travail un peu moins scolaire que d’habitude, certains préfèrent résolument une Education pour l’Environnement qui marque l’engagement.
3) À propos des objectifs : la priorité est donnée aux changements d’attitudes et de comportements, même si l’acquisition de compétences fait aussi partie des objectifs de l’E.E. et passe par l’accès à certaines connaissances.
4) Par une obligatoire référence aux valeurs : les 3 valeurs essentielles en E.E. étant la Solidarité, la Tolérance, la Responsabilité.
5) En situant ainsi l’E.E. comme une véritable Education à la Citoyenneté, une Education civique concrète basée sur l’analyse des situations, l’apprentissage du débat et la prise de responsabilité. L’E.E. doit aussi être envisagée par rapport à divers secteurs éducatifs « thématiques », orientés à la fois vers l’école et vers le grand public tels que :
– l’Education à la consommation,
– l’Education en matière de population,
– l’Education à la santé,
– l’Education en matière de risque,
– l’Education à la Paix.
L’UNESCO a récemment revu son programme d’Education relative à l’Environnement (E.R.E.) en le réorientant dans une perspective élargie d’Education et Information en matière d’Environnement et de Population pour le Développement - E.P.D. : projet transdisciplinaire et de coopération inter-agences.
Ces caractéristiques générales concernant l’E.E. - et qui correspondent à une certaine conception de celle-ci - entraînent des conséquences dans la pratique éducative elle-même.

2. Les conséquences sur la pratique éducative
Celles-ci s’expriment de plusieurs façons :
1) Au niveau de la stratégie de choix de mise en place et de déroulement des activités.
En E.E. le choix des thèmes se fait généralement de deux façons :
- soit à partir d’une analyse de cas, situation concrète, concernant si possible les apprenants de façon directe ;
- soit dans le cadre d’un thème intégrateur, plus large (relatif par exemple à l’Eau, la Forêt, la Désertification...) et ainsi nommé car il appelle les relations entre plusieurs disciplines.
Le déroulement s’organise souvent autour d’une pédagogique de projet, qui est donc inscrite dans des méthodes pédagogiques actives.
Enfin l’E.E. est conçue dans une perspective d’action qui peut revêtir des formes diverses : communication des résultats de l’activité à d’autres groupes (apprenants, parents, communauté, responsables...) ; recherche d’alternatives ; entrée dans un débat ; action concrète (ex. nettoyer un cours d’eau...).
2) Par l’usage d’outils, plus ou moins fortement liés à la spécificité de l’E.E.
a) l’approche systémique s’impose pour l’analyse des situations complexes rencontrées. Il s’agit d’obtenir ainsi une description et une analyse des problèmes environnementaux dans une perspective de type économique. Que se passe-t-il réellement ? Qui sont les acteurs ? Quels mécanismes sont en jeu ?
b) le recueil et l’utilisation des conceptions initiales des apprenants est une démarche générale en didactique qui permet entre autres de préparer : un accès plus précis à divers concepts, la référence aux valeurs dans l’objectif d’acquisitions d’attitudes et de compétences.
c) l’analyse conceptuelle, qui peut s’exercer sur l’expression venant de diverses sources (apprenants, presse, manuels de référence...) est destinée à « savoir de quoi on parle » et comment les concepts sont reliés entre eux et avec quelles implications.
d) la relation à l’information, dont on peut souhaiter qu’elle soit une maîtrise raisonnée de l’information sur l’Environnement, est extrêmement importante : il s’agit, devant une information toujours foisonnante, souvent contradictoire, voire conflictuelle, de disposer des moyens de la recueillir et de l’utiliser.
e) Les techniques d’évaluation qui, en E.E., doivent être adaptées au fait notamment que ce sont les objectifs d’attitudes, de comportements et mise en œuvre de compétences qui sont mis en avant.
f) Les aides didactiques, qui comme points de départ, exemples de propositions et « objets d’étude » à évaluer peuvent contribuer à une mise en œuvre rapide de projets d’E.E.

Conclusion
Promouvoir l’Education pour l’Environnement, c’est y placer des espoirs, non seulement au niveau de souhaits généreux et utopiques, mais par la mise en œuvre de méthodes pédagogiques concrètes et adaptées. L’essentiel dans l’immédiat est d’obtenir des gouvernements et des ministères (notamment ceux de l’Education) des différents pays une réelle pénétration de l’E.E. dans le système scolaire. Beaucoup de cas exemplaires sont à disposition et la méthodologie suffisamment éprouvée pour que l’engagement des enseignants et animateurs dans l’E.E. se développe et ceci dans de bonnes conditions.

NOTE : Cette fiche fait partie d’un « Module d’Autoformation à Distance pour l’Environnement », adressé aux enseignants, animateurs, formateurs, et préparé dans le cadre d’un projet soutenu par l’Union Européenne. Des équipes de Belgique, Espagne, Grèce, Italie et France ont collaboré pour la mise en œuvre de ce projet, qui a été coordonné par l’association française D.I.R.E.S. et par le professeur Christian Souchon.

MOTS CLES : Education à l’environnement ; Formation ; Manuel ; Méthodologie.
LOCALISATION : Europe
REDACTEUR FICHE : Association D.I.R.E.S., c/o Christian SOUCHON, 23, rue des Fossés St Jacques, 75005 Paris, France, Tél. / fax : 33 / 1 / 43 54 30 41, e-mail : assocdires@minitel.net


MOTS CLES : Education à l’environnement ; Formation ; Manuel ; Méthodologie.
LOCALISATION : Europe
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