International Network in Environmental Education

Accueil > Εxpériences éducatives > Thèmes d’activités et méthodes pédagogiques > Belgique - Un exemple d’action éducative en environnement :

Belgique - Un exemple d’action éducative en environnement :

1998, par Fondation Universitaire Luxembourgeoise

L’Opération Sources est une campagne pour sensibiliser le public aux rapports entre la qualité de l’environnement et la santé publique. Il s’agit d’un travail de terrain ayant comme premier objectif de révéler la qualité des eaux souterraines en mesurant les nitrates au niveau des sources avec la technique des bandelettes colorimetrées (une opération facilement réalisable et à faible coût). Pour la région Wallonne en Belgique, les eaux souterraines représentent jusqu’à 80% de l’approvisionnement en eau potable, mais, malgré cette importance, on possède peu de données fiables et constantes sur leur qualité. Ce type de pollution de l’eau potable par les nitrates représente des risques graves pour la santé humaine : risques de maladie du sang provoquant la mort chez les jeunes enfants et risques de cancer.
Le second objectif de l’opération concerne l’implication des élèves du primaire et du secondaire. L’histoire de l’opération est la suivante :
La première opération fut initiée en 1989 par la Fédération des scouts catholiques (la qualité de 1 500 points d’eau a été mesurée en deux jours), avec l’appui du Département de Génie Rural de l’Université de Louvain-La-Neuve au niveau du contrôle scientifique, de la collecte des résultats et du traitement cartographique.
La deuxième opération a été réalisée en 1992 par 321 classes de l’école primaire francophones et flamandes. Elle était financée par les pouvoirs publics et les organismes non gouvernementaux WWF et Fondation Roi Baudouin.
L’Opération Sources s’est mieux structurée dans les années qui ont suivi : le nombre d’écoles volontaires a augmenté, l’enseignement secondaire s’y est intégré, la société d’eau minérale belge SPA-Monopole a fait une contribution financière importante et deux Universités, la FUL en Arlon (Fondation Universitaire Luxembourgeoise) et l’Université d’Anvers, ont apporté leur compétence scientifique (détermination des précautions à prendre au niveau de la prise de mesure et de l’analyse des résultats) et pédagogique. La FUL, par exemple, a réalisé un guide technique et a procédé à des analyses de contrôle. Pour avoir des résultats plus fiables, deux campagnes annuelles ont été organisées, en mars et en octobre, pendant au moins trois ans (1994-95-96) avec un plan technique et scientifique et une transposition cartographique plus élaborée des résultats.
Ensuite, cette opération a voulu s’inscrire dans une perspective d’éducation relative à l’environnement. Les enfants sont devenus les "gardiens" des sources par la réalisation régulière des dosages en nitrates de ces sources qui se situent dans leur région.
L’Opération a été réalisée sur la base d’un multi-partenariat qui comprend comme partenaires :
- une entreprise commerciale (SPA) dont la communication environnementale est dirigée vers les écoles,
- une organisation non gouvernementale (WWF),
- une institution universitaire de chaque communauté linguistique (Anvers/Arlon) et
les établissements d’enseignement.
Dans ce type de partenariat travaillent côte à côte des éducateurs et des enseignants spécialisés, des représentants de l’entreprise, des chercheurs universitaires et des responsables du milieu associatif. Ensemble ils délibèrent sur le choix des objectifs, la pertinence des contenus, l’adéquation des méthodologies, la mise à disposition des moyens. Les difficultés pour la répartition des tâches, le partage des budgets, les prises de responsabilité ultimes et les modalités de communication publique permettent d’expérimenter et d’améliorer les structures de concertation et de coordination.

Les Modalités Pédagogiques.
La FUL a réalisé et a testé des dossiers pédagogiques à l’usage des enseignants. L’Opération est basée sur la méthodologie de la pédagogie de projet. Il ne s’agit pas d’une technique ponctuelle de contrôle de la qualité des sources, mais d’une occasion pour une véritable éducation relative à l’environnement (ErE). Elle révèle ce qu’est un environnement, dans la multiplicité de ses relations, avec toutes les interférences entre un milieu (l’eau souterraine) et la société humaine. Elle s’adresse aux jeunes en mettant en avant des valeurs fondamentales, telles que la solidarité et la responsabilité, autour d’une ressource collective vitale. Elle favorise une approche interdisciplinaire, mieux à même de rendre compte de la complexité du vivant, ainsi qu’une approche active, où le travail de classe se complète par l’expérimentation de terrain et débouche sur une action sociale concrète. Celle-ci pourra porter sur la restauration d’un milieu, la mise en oeuvre d’un système de protection, ou simplement une campagne de sensibilisation.

Commentaire
L’Opération Sources est un projet pédagogique à laquelle 1 000 classes du primaire et 50 classes du secondaire ont participé à travers toute la Belgique. Pour la réalisation du projet, les institutions scientifiques et surtout la FUL se sont basées sur les grands axes de l’ErE, à savoir qu’il faut amener chaque personne à mieux comprendre le milieu de vie global, à évaluer correctement son mode de vie dans cet environnement et à participer à la vie communautaire dans le but de promouvoir des conditions d’un environnement de qualité. Sur le plan épistémologique, éthique et méthodologique, c’est une approche globale par laquelle les buts précédents se sont concrétisés.
Les élèves comprennent mieux la nécessité d’une gestion collective prudente de ce patrimoine vital (que constituent les eaux souterraines, par des mesures des nitrates au niveau des sources), ainsi que de leur responsabilité individuelle. Ils s’engagent dans une action concrète de proximité. Ils sont entraînés à exercer leur esprit critique sur les causes des pollutions rencontrées et à s’engager dans des actions plutôt de "correction" et "d’aménagement" et pas seulement de "révélation".
L’acquisition de connaissances à travers une approche interdisciplinaire avec une multiplicité de partenaires est la voie privilégiée. Les élèves acquièrent une formation sur le terrain basée sur une expérience concrète de protection de l’environnement. Cette opération présente, en outre, un effet multiplicateur quand les élèves participent eux-mêmes à l’élaboration de programmes d’EE. La transposition cartographique des résultats vulgarise l’information et contribue ainsi à l’alphabétisation environnementale du public.


SOURCES : Cette fiche constitue une synthèse commentée d’un article du Prof. Louis Goffin à la FUL dans "EEMA Review", Journal of the European Environmental Management Association, No. 5, 1995
MOTS CLES : Education à l’Environnement ; Ecole ; Problème d’Environnement ; Organisation non Gouvernementale ; Matériel Educatif.
LOCALISATION : Belgique
REDACTEUR FICHE : Hara BRAHOU, c/o Yolanda ZIAKA

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr