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Grèce - L’héritage culturel et naturel de notre pays comme thème de l’Education à l’Environnement

1er 1999, par Maria-Georgia Spartinou (Date de rédaction antérieure : 1er 1999).

La relation directe et l’influence réciproque entre l’environnement naturel et anthropogénique est évidente. En particulier, les liens étroits entre l’environnement naturel et culturel (une des composantes de l’environnement anthropogénique) et le besoin de leur réservation sont de plus en plus soulignés par plusieurs acteurs et divers colloques. Ces liens sont parfaitement esquissés par le Directeur Général de l’UNESCO, Federico Mayor, qui remarque que, d’une part, l’héritage naturel est le complément inséparable de l’héritage culturel et que, d’autre part, ces deux composantes de l’"environnement" sont menacées par les mêmes risques. D’ailleurs, une des conclusions principales du colloque international de l’UNESCO "Environnement et soutenabilité : éducation et sensibilisation des citoyens à la soutenabilité" (Thessalonique, 1997) se réfère explicitement aux besoins de la liaison et de la protection de l’environnement naturel et culturel. Cette relation entre l’être naturel et culturel n’est nulle part aussi évidente et directe que dans l’espace hellénique. Ici, au maquis succèdent les forêts de pins qui cachent des lieux d’intérêt archéologique éparses, des églises de campagne, des moulins, des tours, des constructions d’époques diverses. C’est un pays où chaque ville moderne est caractérisée par la coexistence d’antiquités de l’époque classique, de tours médiévales, d’églises byzantines et d’autres monuments importants. En Grèce, aux grands centres urbains, caractérisés par la pollution atmosphérique, le bruit et de divers problèmes environnementaux, succèdent les habitations traditionnelles, les lieux archéologiques et les monuments naturels. A ce croisement de l’Europe et de l’Asie, l’environnement naturel et culturel, composé par des éléments abondants, diversifiés et uniques, sont liés et s’influencent mutuellement.

Ce fonds naturel et culturel de notre pays se trouve face à un grand nombre de risques. L’usage irréfléchi d’engrais et de pesticides limite et menace la flore hellénique de disparition, cette flore de plus de 6.000 unités taxinomiques et de 1.129 espèces endémiques. Les monuments historiques et les lieux archéologiques sont menacés par la pollution atmosphérique, le développement urbain incontrôlable, le tourisme de masse, la dégradation due au temps. Le respect et l’attachement à cet héritage naturel et culturel est un des facteurs qui conduisent de plus en plus d’enseignants grecs à leur implication bénévole en Education à l’Environnement. Dans une école, où le programme scolaire reste rigide et étouffant, ils essayent d’organiser et de réaliser des projets éducatifs en ERE. Ces projets s’orientent très souvent du thème de l’étude d’un élément culturel de l’espace autour l’école. Les résultats d’une étude sur l’orientation thématique de l’ERE, étude basée sur le contenu des revues éditées par les associations d’enseignants, montre que, entre 1996 et 1997 en Grèce, le 43% des projets d’ERE a comme thème la nature et le 31% la culture (NIKOLAOU, 1998). Par contre, à la même époque en Amérique, le 60% des projets se réfère à la nature et le 3% à la culture, tandis qu’en Angleterre, le 57% se réfère à la nature et le 4% à la culture.

Il est clair que l’étude d’un lieu, qui dispose une valeur historique ou culturelle, n’entre pas dans la philosophie et les principes de l’ERE, quand elle se concentre uniquement sur les caractéristiques morphologiques des monuments, sur les éléments historiques et sur les sorties sur le terrain qui ont le caractère de visites guidées ordinaires. Tout comme l’étude d’un biotope ou de la faune d’une région par une simple description, un inventaire et par des visites sur le terrain n’est pas l’objet de l’ERE (SOUCHON et ZIAKA, 1996). Nous considérons pourtant que l’étude d’un lieu archéologique ou d’un monument historique peut, par une planification adéquate, être liée à une éducation pour l’environnement. Si, au cours de l’étude d’un lieu pareil, nous abordons des thèmes tels que la gestion des ressources, la gestion des déchets, la préservation du paysage, etc., nous aurons atteint des objectifs éducatifs diversifiés. A toute époque les exemples sont abondants. A l’époque préhistorique, ce qui reste de l’usage des éléments de construction est utilisé de nouveau. A Athènes, dans l’antiquité, l’extraction du marbre de Penteli était strictement accompagnée par la récupération des lieux de l’extraction et il était interdit de construire des terrasses de maisons larges pour permettre aux rayons du soleil d’atteindre le sol. Afin de limiter la pollution des eaux, à l’époque byzantine, la baignade était permise uniquement aux delta des rivières et il était interdit de laver les chevaux dans les rivières.

Suivant cette optique, au printemps dernier, nous avons organisé une visite au lieu archéologique de Halandriani, à l’île de Syros, avec quelques équipes scolaires, dans le cadre d’un programme d’ERE. La visite avait été organisée en collaboration avec le Musée de l’Art des Cyclades, l’équipe environnementale "Gaia" et l’Organisme Municipal de la Jeunesse et des Sports de la ville de Ermoupolis. Six enseignants et 70 élèves y ont participé. Afin d’aborder la composante environnementale du sujet, nous avions élaboré, à la Direction de l’Enseignement Secondaire de la Préfecture, un "guide du terrain", composé d’indications, de questions et suggestions d’activités. La présentation du site par l’archéologue Mme ROTA avait été adaptée à l’esprit de ce guide. Notre but était de visiter un site archéologique en incitant les élèves à devenir des petits explorateurs au lieu de simples récepteurs, à explorer leur héritage culturel et les signes de civilisations antiques, aussi bien que la "sagesse" qui caractérisait les rapports de leurs ancêtres avec l’environnement. En même temps, les inciter à prendre conscience de la responsabilité des générations d’aujourd’hui pour la dégradation de ces lieux. Nous avons voulu que ce guide soit attrayant pour les enfants en suscitant leur attention et leur intérêt. Dans ce but, nous avions préparé une iconographie basée sur des dessins humoristiques et nous y avions introduit des questions qui incitaient à l’expression des sentiments et des intérêts artistiques des enfants et des idées pour des jeux. Nous avions préparé des fiches de travail avec des questions à choix multiples et une référence à des thèmes liés aux problèmes environnementaux de l’époque moderne et aux dangers encourus par ces lieux d’intérêt archéologique. Voici quelques exemples des thèmes traités par ce guide et des questions qu’on y trouve : · Définissez dans la carte de la région l’emplacement du site archéologique où on se trouve. · Discutez dans le groupe les raisons qui ont conduit au choix de cet emplacement. · Comment pensez-vous que les habitants de cette région à l’époque antique couvraient leurs besoins quotidiens en eau et nourriture ? · Définissez les matériaux de construction employés dans ce site. · Explorez le lieu d’origine de ces matériaux. · Discutez dans le groupe les moyens possibles de transport de ces matériaux à l’emplacement de ce site. · Comparez les matériaux de construction des habitations modernes ; qu’est-ce que vous observez ? · Evaluez l’état de conservation et les moyens mis en place pour la protection de ce lieu. · Essayez de sentir le lieu physique et ce qui reste du passé et exprimez vos pensées et vos sentiments à la manière qui vous plaît ; par la peinture, des vers, des paroles.

Les premiers résultats de cette tentative ont été positifs. Il est sûr qu’une approche intégrale d’un site archéologique sous l’angle de l’ERE, demande une exploration minutieuse de la problématique développée par ces générations antiques autour de l’"environnement", leur comportement et leurs conceptions. Notre but est de continuer à travailler vers cette direction dans l’avenir.

BIBLIOGRAPHIE : "Environment and Society : Education and Public Awareness for Sustainability", Proceedings of the Thessaloniki International Conference, UNESCO, Thessaloniki, Greece, (8-12 December 1997), M. SCOULLOS (Ed.), Athens, 1998 NIKOLAOU K., 1998, "Global impacts of the urban environment evolution and need of education reorientation", Proceedings of the Thessaloniki International Conference, UNESCO, Thessaloniki, Greece (8-12 December 1997), M. SCOULLOS (Ed.), Athens, 1998, pp. 533-535 C. SOUCHON et Y. ZIAKA, 1993, « Spécificités et exigences de l’Education pour l’Environnement”, in L’Education relative à l’Environnement : Pour un débat institutionnel et méthodologique », Environnement et Société, N° 11, Fondation Universitaire Luxembourgeoise, Arlon, Belgique

P.-S.

MOTS CLES : Education à l’Environnement ; Ecole ; Culture ; Nature. LOCALISATION : Grèce RÉDACTEUR FICHE : Maria-Georgia SPARTINOU, Direction de l’Enseignement Secondaire, Préfecture des Cyclades, Hiou 35, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Fax : 30 / 281 / 88376

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr

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