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L’Education à l’Environnement à travers l’enseignement de la matière "Science-Technologie-Société" en Israël

1er 2002, par Abraham BLUM (Date de rédaction antérieure : 1er 2002).

Au début des années 1990, le Ministère israélien de l’Éducation a mis en place un comité destiné à élaborer des propositions afin de faire en sorte que les études scientifiques prennent plus de sens pour la majorité des lycéens, qui ne font pas d’études poussées en science, n’assistant à des cours dans ces matières que jusqu’à l’âge de 15 ans. Le comité, mené par le Professeur Harari, fit quelques recommandations révolutionnaires, qui furent acceptées par le Ministère de l’Éducation. Le "Rapport Harari" recommandait entre autres qu’une nouvelle matière obligatoire appelée "Science et Technologie dans la Société" (STS) soit mise en place pour tous les lycéens "non-scientifiques" (de la 10e à la 12e année de scolarité).

L’idée était de former des citoyens éduqués en science et en technologie afin qu’ils puissent prendre part aux processus de prise de décision démocratique sur les questions publiques. En Israël, 96% des adolescents (16-18 ans) vont encore à l’école. Ils sont alors dans une étape de leur développement pendant laquelle ils s’intéressent beaucoup aux affaires publiques et sont ouverts à diférentes idées et aux moyens de mieux les appréhender.

La commission souligna aussi que l’approche STS implique de choisir quelques thèmes pertinents, et de préférer la qualité à la quantité. Par conséquent, aucun programme obligatoire ne fut proposé. Les équipes travaillant sur l’élaboration du programme scolaire furent invitées à préparer des modules (des groupes de matières enseignement-apprentissage) parmi lesquels les professeurs pourraient faire leur choix. Les modules devaient aussi laisser toute liberté aux professeurs d’ajouter ou enlever certains éléments. L’idée était que les élèves n’étudient pas tous les mêmes matières, mais que tous soient initiés à l’approche intégrée décrite dans les directives du programme scolaire. En conséquence, aucun examen national ne fut organisé. Au lieu d’un examen final avec "papier et crayon", les élèves devaient constituer un "portefeuille" avec les réalisations effectuées pendant toute la période de leurs études pour servir de base à l’évaluation finale.

Clairement, cette nouvelle discipline scolaire constitue une nouvelle occasion inestimable d’introduire des éléments d’Education à l’Environnement dans les programmes des lycées, parmi lesquels seuls quelques-uns avaient opté pour la matière optionnelle "études en environnement". À ce niveau d’éducation formelle, les écoles ont en effet tendance à se concentrer sur les matières qui sont exigées pour les examens.

Le Ministère de l’Éducation a décidé que la nouvelle matière "Science et technologie dans la société" deviendrait obligatoire pour tous les élèves en lycée qui n’optent pas pour des études scientifiques classiques (c’est-à-dire la majorité des élèves). Entre la 10e et la 12e année d’études, ils y consacreront 240 heures. Il revient aux écoles de décider comment elles seront réparties pendant les trois années. Les élèves auront à suivre une totalité de 4 à 6 modules. Parmi eux, trois – qui ont déjà été mis au point - traitent directement de questions environnementales.

Cependant, l’application de la décision rendant la matière STS obligatoire est retardée chaque année, à cause des coûts élevés de la formation des professeurs qui doivent enseigner un nouveau contenu (un module) et de nouvelles méthodes. Cette formation se déroule à un rythme lent, et seuls ceux qui l’ont suivi sont qualifiés pour enseigner la nouvelle matière.

Jusqu’à présent, quelque mille étudiants ont étudié la STS et ont passé un examen de validation (équivalent au baccalauréat dans le système français). Les notes sont déterminées par les écoles elles-mêmes. Tous les travaux que l’étudiant a rendu (projets, rapports sur des enquêtes, examens écrits, etc.) sont pris en compte. A l’avenir, un examen national pourrait être inclus dans les examens du baccalauréat, mais sans remplacer ce système par portefeuille. Ceci pour s’assurer que les écoles pourront se concentrer sur des questions locales ou des problèmes qui les intéressent spécifiquement. Dans ce contexte, il est intéressant de noter que les modules les plus souvent choisis par les professeurs sont ceux qui traitent des problèmes d’environnement (par exemple la pollution de l’air) et de santé (par exemple la consommation de drogue).

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