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Algérie - Groupe Marguerite : Projet d’Education à l’Environnement

1996, par Abdelkader GHARBI

Au départ, l’idée de créer ce groupe de travail était de répondre à notre préoccupation, à savoir le manque de civisme et de responsabilité, d’abord individuel puis collectif de notre société vis-à-vis des problèmes environnementaux. Ainsi, le groupe Marguerite s’est donné comme moyens d’intervention des campagnes d’information et des actions ponctuelles.

Notre groupe s’est constitué au sein de l’AREA-ED, association de réflexion, d’échange et d’action pour l’environnement et le développement. L’AREA-ED est aussi le point d’ancrage algérien du réseau international REMED (Réseau d’Echange Multidisciplinaire sur l’Environnement et le Développement). Le projet Marguerite constitue une des activités principales de l’AREA-ED.

Nous sommes une quinzaine d’étudiants de différentes disciplines (Aménagement et protection de l’environnement, journalisme, écologie, océanographie, instituteurs, éducateurs, etc.). En outre, nous sommes en contact permanent avec des professionnels dans les domaines de l’éducation, de la pédagogie, de la psychologie, etc. ; ces derniers sont considérés comme des correspondants du groupe faute d’être actifs.
Après quelques mois de travail et de consultations avec des professionnels de différentes disciplines, nous avons organisé une journée "portes ouvertes sur l’éducation à l’environnement", au cours de laquelle étaient présents des professionnels dans les domaines de l’écologie, l’éducation, la protection de l’environnement et des parents d’élèves. Par la richesse des idées débattues au cours de cette réunion, notre idée de départ a été sérieusement remise en cause et tout de suite remplacée par l’idée d’un travail de fond.
Ainsi, l’approche de l’environnement, comme étant la conséquence d’une série de négligences, d’inconscience et de course à une productivité sans cesse croissante, nous a paru intéressante à analyser. On s’aperçoit qu’au fur et à mesure que l’on approfondit la réflexion, les problèmes de l’environnement découlent en fait de trois actes : l’ignorance, l’indifférence et l’intérêt économique. A cet effet, nous espérons et nous sommes déterminés à réduire l’ignorance et l’indifférence des individus. En connaissant mieux son environnement, on apprend à le respecter et le préserver.

Pour pallier à l’absence de la dimension écologique dans nos enseignements, nous avons mis en place un programme basé essentiellement sur l’éducation et la sensibilisation que nous avons déjà expérimenté dans deux écoles algéroises ; les résultats de ce programme s’avèrent intéressants. Nos interventions dans les classes consistent en un certain nombre de séances : cours magistraux, animation de projets d’élèves, sorties sur le terrain, divertissement et activités artistiques. Toutes nos séances se déroulent pendant le temps libre des élèves, de façon à ne pas gêner leur programme d’enseignement. Nos séances sont hebdomadaires et durent en moyenne 60 minutes. Le public visé a un âge compris entre 9 et 12 ans.
Les enfants étaient très contents de nous voir parmi eux ; nous leur avons apporté une façon de travailler à laquelle ils ne sont pas habitués. Nous leur avons permis de s’exprimer même en disant des bêtises. Ils nous ont adoptés dès la première séance et nous ont attendus avec impatience pour les séances suivantes : nous les arrachons à la monotonie du système !

Ceci s’est fait à l’origine par l’adoption d’un langage familier ; c’est une particularité algérienne : les enfants à l’école apprennent en premier l’arabe littéraire qui est différent de l’arabe parlé (l’algérien), ensuite et à partir de 10 ans ils apprennent le français. De ce fait, à cet âge et même plus tard, ils ne maîtrisent aucune de ces deux langues, ce qui constitue un obstacle pour leurs facultés d’expression.

Par la suite, nous avons fait en sorte que certaines séances se déroulent en cour de récréation ; nous avons permis aux enfants de discuter entre eux, chose qui se fait rarement, ainsi que sur des sujets qui sortaient parfois de nos objectifs. En parlant de monotonie, j’exclus ici les efforts de quelques enseignants et responsables d’établissements qui font un travail formidable, que c’est soit dans le domaine de l’éducation à l’environnement ou dans un autre.
Il y a cependant un autre aspect du projet qui est celui de convaincre le corps enseignant et les responsables d’établissement pour prendre des initiatives dans le sens de l’éducation à l’environnement. Car nous ne pourrons hndéfiniment intervenir au sein des écoles, par manque de moyens humains et matériels. Nous espérons pouvoir mobiliser un maximum de professionnels de l’éducation autour de la question, en organisant un séminaire national, afin d’initier la réflexion à un niveau plus large. A partir de là, la question de l’éducation à l’environnement pourrait peut-être prendre ses vraies dimensions, notamment être perçue comme une priorité et non pas comme un luxe comme cela est évoqué par certains en Algérie.

Nous comptons beaucoup sur les expériences des adhérents du RIEE pour pouvoir avancer plus rapidement.


Sources : Abdelkader Gharbi, AREA-ED, 2, rue Mouloud Zadi, 16006 Alger, Algérie, Tel. / Fax : 213 / 2 / 74 41 01, e-mail : AREA@ist.cerist.dz

Gisement : Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 281 / 87804, Fax : 30 / 281 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr