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Environnement, école et pédagogie active : les initiatives d’une école primaire en Autriche en faveur de l’environnement

1er 2004, par Marie SCHIPPERS (Date de rédaction antérieure : 15 février 1994).

L’école primaire de Thomasroith, un village de 800 habitants, a participé en 1986/87 au projet "L’action de l’école en faveur de l’environnement" lancé par le CERI (Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement) de l’OCDE. L’école ne comporte que deux classes et se composait en 1986/87 de 45 élèves de 6 à 10 ans. Les travaux entrepris avaient deux objectifs :

- amener les élèves à prendre conscience des problèmes de l’environnement et les inciter à prendre des initiatives ;
- améliorer les attitudes et le compor-tement des parents d’élèves et de la population du village à l’égard de l’environnement.

Pour atteindre ces objectifs, un grand nombre d’activités ont été entreprises à l’école, divisées en trois catégories. La première catégorie comprenaient des activités ayant un impact direct sur l’environnement de l’école : l’établissement d’un biotope dans un jardin privé, la participation à la journée antipollution (nettoyer le lit du ruisseau), semer des fleurs dans une prairie devant l’école, mettre en place des conteneurs pour le recyclage des déchets à l’école etc.

Ainsi, en ce qui concerne par exemple la création d’un biotope, l’initiative a en été prise exclusivement par des élèves. Ils ont conçu à trois un biotope de 8 m² dans le jardin familial de l’un d’eux et ils y ont même creusé un étang, seul le matériau étanche a été fourni par un des pères. Des herbes et des plantes ont été soigneusement plantées au bord de l’étang et deux salamandres aquatiques, recueillies dans la forêt, ont été instal-lées dans le nouvel étang alors que d’autres espèces animales en ont trouvé le chemin toutes seules.

La deuxième catégorie comprenait une série d’activités visant à toucher et à influencer la population locale : une campagne "les jeunes défenseurs de l’environnement en marche" (enquête : "Utiliser des sacs de jute plutôt que des sacs en plastique"), la "campagne des fleurs" (distribution de fleurs à la population locale lors de la journée internationale de protection de l’envi-ronnement), l’organisation d’un jeu comprenant des activités de sensibilisation à l’environnement et l’organisation des soirées de parents consacrées aux activités de l’école en faveur de l’environnement. Cette catégorie incluait également des initiatives d’in-formation de la population locale au moyen de tracts d’information sur l’environnement conçus par les élèves, d’un guide sur les loisirs familiaux comportant des conseils sur la protection de l’environnement, d’un quotidien pour les enfants et de notes sur les activités en faveur de l’environnement destinées au journal local. Les élèves ont envoyé à quatre reprises, au cours de l’année scolaire, 310 prospectus dans toutes les maisons de Thomasroith et des alentours. Chacun portait sur quelques questions relatives à l’environnement (par exemple, des conseils pour les vacances, des instructions sur l’utilisation réfléchie des détergents, etc.).

L’enquête "Utiliser de la jute au lieu de matière plastique" a été lancée à partir d’un questionnaire élaboré par les élèves de quatrième année dans le but de savoir dans quelle mesure les commerçants locaux étaient prêts à offrir à leurs clients autre chose que des sacs en plastique. D’après les réponses recueillies sur place, par les élèves eux- mêmes, les commerçants locaux semblaient disposés à offrir des sacs en toile ou en jute pour un prix modique. Les enfants ont ensuite poursuivi leur enquête dans la capitale régionale de Vöcklaburg et envoyé une lettre de remerciements aux commerçants qui utilisaient déjà des sacs conçus pour protéger l’environnement. Enfin, pendant un cour de mathématique, les élèves de quatrième année ont calculé la quantité de pétrole nécessaire à la production des sacs en plastisque distribués au cours d’un seul week- end par un supermarché à Vöcklaburg.

La troisième catégorie enfin compre-nait des expositions sur l’environnement organisées soit à l’extérieur conception et la mise en place d’un étalage consacré à l’environnement sur la place du village soit à l’école. Ainsi, au cours de l’exposition tenue à la fin de l’année scolaire, les visiteurs ont été informés au sujet d’autres matériaux pouvant remplacer le plastique tandis qu’un "pilori de l’environnement" a été installé en permanence devant l’école.

L’idée du pilori de l’environnement est, en effet, venue pendant le cours d’histoire. Le maître essayait d’illustrer le sens du mot "pilori" au moyen de la phrase : "Chaque jour, nous mettons au pilori les actions nuisibles à l’environ-nement, n’est- ce- pas ?", les élèves, au lieu de prendre cette phrase comme une figure de style l’ont prise à la lettre et ont décidé de la forme d’un pilori consacré à l’environnement et de l’en-droit où il s’élèverait. Une architecture en bois a été montée devant l’école et les enfants y exposaient les objets qu’ils trouvaient sur leur chemin (paquets de cigarettes et boîtes de bière vides, etc.) pour attirer l’attention des parents.

Avec un peu de recul, les initiateurs de cette expérience jugent qu’elle a eu un effet positif. Les objectifs semblent avoir été atteints aussi bien en ce qui concerne les parents qu’en ce qui con-cerne les enfants. La campagne de prospectus a réussi à informer la population locale, ce qui a été confirmé par des réactions spontanées et par le fait que des habitants de plus en plus nombreux ont déposé les déchets tels que feuilles d’aluminium et piles usagées dans les récipients prévus à l’école. De nombreux habitants sont également venus à l’école chercher le bâtonnet témoin gratuit pour mesurer l’acidité de l’eau comme le leur proposait un des prospectus. L’objectif concernant les enfants a lui aussi été atteint, puisque la construction du pilori et l’envoi de prospectus, par exemple, sont des initiatives des enfants. De plus, les élèves ont continué à prendre des initiatives personnelles telles que la collecte du verre et des piles usagées pendant les week-ends et la construction de pièces d’eau dans leur jardin.

P.-S.

Sources : Marie SCHIPPERS, 29, rue de la Liberté, 4020 Liège, Belgique

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr

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