International Network in Environmental Education
Accueil du site > 40. Εxpériences éducatives > Une séquence d’éducation à l’éco-consommation à l’école secondaire

Une séquence d’éducation à l’éco-consommation à l’école secondaire

1er 2004, par Georgia LIARAKOU (Date de rédaction antérieure : 15 mars 1994).

Une séquence d’éducation à l’éco-consommation à l’école secondaire Cette séquence pédagogique d’éco-consommation a été conçue par l’Institut d’Eco-formation de Belgique. Elle a été expérimentée avec des classes de 25 élèves de 17 ans dans le cadre du cours de géographie (2X50 minutes par semaine. La séquence se déroule en cinq phases : la mise en situation, le questionnement, la recherche, la rencontre-confrontation et la synthèse-structuration.

La première phase de mise en situation se déroule dans un supermarché. Les élèves remplissent, par groupe de deux, un chariot sur la base d’une liste de courses et d’un budget déterminé, calculé assez serré mais réaliste, pour un ménage de quatre personnes. Ils notent la marque, le prix et les caractéristiques physiques de chaque produit. Ensuite, ils sont invités à recommencer leurs emplettes en considérant qu’ils sont soucieux de l’environnement, de leur santé et du Tiers monde. Ils notent également les mêmes informations que pour leurs premiers achats ainsi que les critères qui ont présidé à ce second choix.

La phase de questionnement se déroule en classe, les différents critères de choix sont repris dans un tableau. La confrontation suscite déjà une volée de questions quant à leur validité (que vaut tel ou tel label ?) ou quant à leur pertinence (aidons-nous vraiment la Colombie en achetant des ananas qui en viennent ?). A partir de là, des questions d’exploration vont servir de base à la recherche (qui délivre un label ? en fonction de quels critères ? qui vérifie ? comment ? ...). D’autres questions surgiront au cours de cette phase, en fonction des informations récoltées.

Le travail de recherche d’informations est réparti par groupe d’intérêts à partir des "sujets" identifiés lors de la phase de questionnement (les emballages, le recyclage, les labels, les filières de commercialisation, les écotaxes, les écobilans, les méthodes de fabrication des produits, les pollutions à la source, à la sortie, les déchets, les échanges Nord- Sud, le commerce des matières premières ...). Il s’agit de rassembler les différents points de vue qu’on peut trouver dans la presse ou dans des revues spécialisées. La présentation des résultats doit mettre en lumière les éléments considérés comme vraisemblables, les points restés dans l’ombre et les éventuelles contra-dictions entre les discours des différents acteurs.

Pour la phase de rencontre-confrontation, différents acteurs sont invités à l’école (experts scientifiques, entreprises "vertes", associations telles que "Nature et Progrès, ...). Les élèves les rencontrent par groupe de six, tournant de l’un à l’autre en séquences de dix minutes. L’échange s’élabore à partir des questions des élèves. Après une séquence, la classe se réunit pour faire le point des questions abordées et épingler les contradictions de façon à susciter de nouvelles questions pour la séquence suivante.

Enfin, la phase de synthèse permet de rendre compte de la complexité de la question initiale (interrelations entre les différents aspects, acteurs, enjeux ; dimension planétaire) mais aussi des incertitudes fondamentales et des zones d’ombre qu’un consommateur ordinaire a peu de chance d’éclairer. Alors, comment faire son marché ?

Les élèves, déjà consommateurs d’un tas de choses, ont manifesté une grande motivation pour ce sujet. Un débat passionné et passionnant a été engendré en final sur le thème : "Choix du consommateur : quels projets de société et quelles valeurs ils sous-tendent ?"

La consommation verte gagne aujourd’hui du terrain : les produits verts se multiplient, le goût et la pratique du "sans" spray sans CFC, lessives sans phosphates, piles sans mercure ... deviennent synonymes de l’esprit écologique. Cette évolution, certes positive, risque cependant de rencontrer vite ses propres limites, si elle n’est pas suivie d’une réflexion plus générale sur les multiples enjeux que pose aujourd’hui le cycle "production-consommation". Dans cette perspective, l’éducation à l’éco-consommation devient une dimension importante de l’éducation à l’environnement. La séquence présentée ci-dessus, en mettant en lumière les diverses interrelations et contradictions, constitue sans doute une bonne approche permettant d’aborder à fond cette question essentielle.

P.-S.

Source : Christine PARTOUNE, Réseau IDée, Rue Marcq, 19, B 1000 Bruxelles, Tél/fax : +32 2 219 5121

Rédacteur-Contact : Georgia LIARAKOU, Dionysou 7, 18533 Pireaus, Grèce

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0