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Environnement, école et pédagogie active : "Comment souhaitons-nous utiliser la nature ?", une expérience d’éducation à l’environnement au Danemark

1er 2004, par Georgia LIARAKOU (Date de rédaction antérieure : 15 mars 1994).

Selon les principes généraux de la Folkeskole (école primaire) danoise, l’enseignement et donc l’enseignement relatif à l’environnement ont pour objet de préparer les élèves à participer à la prise de décisions dans une société démocratique. Pour répondre à cette finalité, l’éducation à l’environnement doit viser les trois buts suivants :
- faire comprendre que les rapports entre la nature et la société ne sont pas définis à l’avance mais que la destinée de la nature dépend de la façon dont on la gère ;
- faire en sorte que les élèves n’obtiennent pas seulement la connais-sance des faits mais aussi qu’ils sachent qu’ils ont la possibilité d’exprimer des idées, des voeux et des rêves, les idées utopiques sont essentielles en tant qu’objectifs à long terme et pour l’influence qu’elles exercent ici et maintenant sur nos pensées et nos actions ;
- permettre aux élèves de prendre conscience des possibilités et des limites qu’ils ont d’influencer la prise de décisions démocratique, et de mettre eux- mêmes à l’épreuve les actions envisageables.

C’est dans ce contexte qu’a été intégré le projet "L’action de l’école en faveur de l’environnement" du CERI (Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement) de l’OCDE. Une classe de cinquième année de la ville de Herning a travaillé pendant six se-maines sur le sujet "Comment utiliser la nature ?" en prennant comme exemple le lac de Godstrup. Ce lac est traversé par un cours d’eau, le Herningholm qui reçoit depuis des années les eaux usées provenant de la station centrale d’épu-ration et contenant 60 tonnes de phos-phore par an. Il est donc fortement pollué et caractérisé par la prolifération des algues, il s’ensuit une désoxy-génation.

Six cours ont été organisés par semai-ne en combinant diverses matières (da-nois, histoire, géographie et activité de création) ainsi que deux excursions. Les élèves étaient encadrés par l’insti-tuteur responsable des leçons sur l’en-vironnement et par un maître assistant. Le projet était divisé en trois phases : expérience, investigation, débat. La première phase a été organisée par l’instituteur seul, mais, pour les suivantes, le maître et ses élèves se mirent d’accord sur le contenu et les procédures à adopter.

Pour la phase de l’expérience sur le terrain, une excursion au lac a été organisée et différentes observations ont été faites : l’eau qui se déversait dans le lac semblait plus polluée que celle qui en sortait, il n’y avait presque plus de poissons dans le lac, ni de plantes alors qu’une zone était recou-verte d’algues filamenteuses, etc.

Lors de la phase d’investigation, les thèmes traités portaient sur la qualité de l’eau et la vie des plantes et des animaux à l’entrée dans le lac, afin de se faire une idée de la pollution. Ces questions ont été examinées sur place lors d’une autre journée d’excursion qui a été consacrée à une investigation biologique pratiquée au bord du lac. La classe divisée en trois groupe devait se livrer à des tests identiques et en comparer ensuite les résultats. D’après la table saprophytique, on estime que l’eau à l’entrée du lac atteint 2 et à la sortie 7 sur une échelle de 10 (10 indiquant une eau non polluée). Pour illustrer la décomposition des maté-riaux organiques au fond du lac, qui se traduit, entre autres, par la production de méthane, la classe a construit une maquette qui produisait du méthane à partir de végétaux. Quelques aspects ont, quant à eux, donné lieu à un examen théorique comme : la signi-fication de l’introduction de sels de nutriment dans les cours d’eau et les lacs (prolifération des algues qui aboutit à la désoxygénation). Le groupe en a conclu que la ville de Herning déverse des eaux polluées dans le lac de Godstrup par le ruisseau de Herningholm. Le lac joue le rôle de station d’épuration et s’envase puisque l’eau qui sort du lac est bien plus propre que celle qui y entre. Cette investigation biologique a été complétée par des recherches historiques sur les utilisa-tions du lac et géologiques sur ses origines.

Pour la phase de débat et d’actions, trois orientations ont été décidées : faire des propositions quant à l’utilisation future du lac, présenter les résultats à une autre classe et écrire aux autorités locales en leur demandant de répondre. Les suggestions des élèves sur l’utilisation du lac étaient une transformation soit en station de loisirs et de baignade soit en réserve naturelle, avec l’assainissement du lac comme condition préalable. A l’issue du débat, les deux propositions avaient été réfutées mais la classe estimait que les eaux usées devaient être épurées avant de quitter la station et que le lac devait être débarrassé de ses boues de précipitations. Lorsque le lac aurait retrouvé son état d’origine, il pourrait être utilisé pour la natation et la voile mais sans construire d’infrastructures importantes, la pêche devrait y être autorisée et les truites réintroduites, l’administration pourrait également y construire un centre d’initiation à la nature.

Une lettre a bien été envoyée aux autorités locales mais aucune réponse n’était parvenue au moment où le rapport a été écrit. La présentation à l’autre classe a été retardée jusqu’à la réception de la réponse de l’autorité locale.

Les objectifs assignés à l’EE, dans le cadre de l’école primaire danoise, sont tout aussi ambitieux que fondamentaux. Il nous semble cependant que le déroulement de ce projet n’a pas permis de les atteindre pleinement. Certes, il a contribué à familiariser les élèves avec l’observation et l’investigation biologique de la pollution du lac. Or, restant enfermé dans la seule démarche "naturaliste", il n’a pas permis de remonter jusqu’à la source de la pollution, les activités humaines qui en sont responsables (agriculture, industrie, utilisation des produits polluants, etc.). Le manque d’une approche plus globale du sujet est plus perceptible lorsqu’on considère la proposition finale : traiter les eaux usées dans la station même d’épuration peut s’avérer en partie efficace ; il est cependant loin de la notion de la gestion de la nature que les concepteurs de ce projet ont affichée dans leurs objectifs.

P.-S.

Sources : Georgia LIARAKOU, Dionysou 7, 18533 Pireaus, Grèce

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr

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