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La place de l’éducation à l’environnement dans les collectivités locales : l’exemple de la Ville Nouvelle de Sénart

1er 2004, par Claude BOURQUARD (Date de rédaction antérieure : 15 mars 1994).

L’éducation à l’environnement est fortement représentée par les centres d’initiation à la nature et à l’environnement sous des appellations très diverses. Qu’ils soient associatifs ou directement gérés par les collectivités locales, ils remplissent souvent une mission contribuant directement à la politique de l’environnement des com-munes, des départements ou des régions. Le Centre d’Initiation à la Nature "La Futaie", qui est un service intercommunal du syndicat d’agglomération nouvelle de Sénart, permet d’illustrer, non seulement l’historique, mais aussi la place occupée par ce type d’équipement au sein d’une collectivité locale.

La Ville Nouvelle de Sénart, depuis sa création en 1973, à travers ses campa-gnes de promotion, a voulu se donner une image de "Ville Verte", de "Ville à la campagne", d’un "Autre mode de Ville". C’est aussi un espace où l’urba-nisation modifie en permanence l’environnement, passant graduellement d’un milieu rural périurbain à un milieu urbain. Dans ce contexte, une véritable politique de l’environnement devait se mettre en place.

La Futaie est créée en 1981, sous statut associatif, sur l’initiative de militants issus de milieux naturalistes et environnementalistes qui ont su convaincre les élus de la nécessité de sensibiliser la population à la protection de l’environnement. Son action, caractéristique d’une association environnementale, est vaste : expositions, sorties natures, animations scolaires, camps de vacances, coopérative biologique, démonstrations d’énergies nouvelles et de culture biologique.

En quatre ans d’exercice, elle a perdu son statut associatif, en 1985, au profit de la gestion intercommunale directe au sein de la division culturelle, et a vu l’action scolaire devenir son objectif principal. Dans le même temps, les actions environnementalistes et naturalistes disparaissaient.

L’évolution s’est aussi traduite dans le thème des actions. Très vastes et principalement naturalistes ou visant à la protection de la nature, ils se sont restreints à des thèmes directement liés aux préoccupations locales : l’eau, les déchets, les espaces boisés de proximité et le jardinage.

La Futaie est le premier maillon de la politique locale de l’environnement, assurant une mission éducative. Par la suite, ce sont les services techniques (infrastructures) qui vont assurer une grande partie du suivi technique de l’environnement. En dernier lieu, la direction générale du S.A.N de Sénart s’est dotée d’un poste de conseiller de l’environnement.

La Ville Nouvelle de Sénart présente une architecture administrative répon-dant aux différentes composantes d’une politique assurant le développement et le suivi des projets, un niveau techni-que et un niveau éducatif et informatif.

L’intérêt d’une telle architecture est d’optimiser les actions de gestion de l’environnement. La gestion de l’eau est un exemple de l’action conjointe des services. L’action politique, en particu-lier, les relations avec les associations, les usagers et les élus des communes est assurée par la conseillère technique, les études techniques ont été réalisées par la division infrastructure. La Futaie réalise de nombreuses actions en milieu scolaire, visant à l’information des jeunes et de leur famille. Ces actions convergentes doivent aussi se com-pléter d’une action conjointe pour produire un document d’information destiné à l’ensemble des foyers.

A travers cet exemple, on voit que l’éducation à l’environnement est susceptible d’assurer l’interface entre la population, les élus et les techniciens. Son principal objectif est d’induire de nouveaux comportements au sein de la population, par exemple, dans le cas de la gestion de l’eau, le respect des réseaux séparatifs.

Pour servir cet objectif, l’éducation à l’environnement doit rendre le message politique et technique compréhensible par la population. Ce qui nécessite à la fois d’expliquer les bases scientifiques et techniques, et de veiller à ce que leur transfert dans le domaine social se fasse sans modification du message et sans le transformer en dogme s’impo-sant à la population.

Son principal public est, actuellement, le milieu scolaire et périscolaire. On cherche ainsi à préparer les futurs citoyens à la gestion de leur environ-nement. L’effet induit sur les adultes est assez faible ce qui nécessite d’adap-ter les outils actuels à la population locale.

Le lien entre recherche et éducation à l’environnement est très fort par la filiation avec le naturalisme et l’ani-mation scientifique et technique. De nombreux acteurs de l’éducation à l’environnement sont issus du milieu scientifique. En reprenant dans la pédagogie de projet une grande partie de la démarche du chercheur, elle contribue à la diffusion de l’infor-mation scientifique et des modes de réflexion qui la génèrent.

Pourtant, cette filiation très forte, ne s’est pas traduite par une présence directe des chercheurs dans la politique de l’environnement des collectivités locales. Ce n’est que très récemment que l’on s’est rendu compte que les pratiques et les connaissances des chercheurs en faisaient de bons référents, à la fois dans la conduite du débat entre élus et administrés, mais aussi, dans la pondération et le "rafraîchissement"de l’action technique. Ainsi la Ville Nouvelle de Sénart cherche à s’attacher la participation de scientifiques dans les structures de concertation avec les associations et dans la mise en place d’un observatoire de l’environnement.

La question de la relation entre les sciences de l’environnement et la politique de l’environnement des collectivités locales est donc soumise à l’action de terrain. Elle se pose à la fois en termes d’information et de diffusion du concept même de recherche scientifique. L’éducation à l’environnement a, jusqu’à maintenant, contri-ué à ce travail principalement vis- à-vis de la population. Comment peut-elle établir de réels contacts avec le monde scientifique ? Comment le chercheur peut-il y participer ?

P.-S.

Source : Claude BOURQUARD, Centre d’Initiation à la Nature "La Futaie", Forêt de Vrai Viand, 77240 Vert-Saint-Denis, France

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