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Un projet d’Education à l’Environnement à partir d’une rivière d’Athènes

2004, par Ritsa KARAGEORGOU

L’application d’un programme d’Education à l’Environnement ne peut avoir le caractère d’une méthodologie rigide et inflexible. Elle ne peut que constituer une méthode qui propose des actions pour contribuer à la réalisation d’objec-tifs ainsi qu’à la motivation de l’auto-nomie, de l’imagination, de l’esprit de découverte tant auprès des élèves qu’auprès des enseignants.

C’est dans cet esprit que nous avons voulu mettre en application ce cours dans une école élémentaire d’un quartier d’Athènes en Grèce. Avec les enseignants et les élèves, nous avons essayé de travailler sur un thème emprunté à notre environnement proche et de le présenter avec la plus grande efficacité possible. Ce projet n’a pas été intégré au programme officiel de l’école (examens, cursus concret). C’est pourquoi il faut plutôt l’envisager comme une tentative-manifestation ayant comme buts : d’activer dans des rôles nouveaux le dyptique élèves- instituteur, de sensibiliser les parents et le cercle familial et de les inviter à agir mais aussi de constituer le point de départ de nouvelles tentatives.

Le critère principal pour le choix du sujet à présenter était son rapport direct avec l’espace naturel, social et économique de l’école. L’état dans lequel se trouvait une petite rivière avoisinante nous en a donné l’occasion. Elle était depuis longtemps remplie d’eau stagnante et de déchets. Quelques habitants du quartier avaient écrit une lettre au conseil municipal lui deman-dant de s’occuper de ce problème.

Nous avons décidé, avec les élèves de la classe de quatrième (âgé(e)s de 10 ans), de consacrer plusieurs unités didactiques à une approche de ce problème et à la recherche de différentes façons de le présenter. Nous avons considéré les parents et le cercle de famille comme les premiers destinataires de nos messages et ce pour les raisons suivantes :
- ils sont des membres actifs et dynamiques, capa-bles de renverser ou d’éterniser le statu quo de leur vie quotidienne,
- ils sont, chronologiquement, les premiers à éduquer les nouveaux individus et leur tiennent lieu d’exemple pour les comportements quotidiens,
- ils reproduisent des comportements alors qu’ils en connaissent les conséquences négatives pour l’environnement.

La première phase du programme comprenait la découverte de l’espace en question et l’observation du problè-me. Cela a demandé plusieurs visites sur place, les élèves observaient en prenant des notes. Ces visites ont été quotidiennes pendant une semaine. Elles ont été suivies de discussions ouvertes en classe, pendant lesquelles les premières informations ont été données. Les élèves ont consulté du matériel imprimé : des journaux, des livres et des revues. Nous avons égale-ment analysé des termes comme : pollution, drainage, eaux stagnantes, dangers, micro-organismes, déchets. Un projet d’interviews des habitants n’a pas abouti, faute de temps.

Par la suite, les élèves se sont répartis en quatre groupes et ont commencé à travailler de la façon suivante :

- le premier groupe de quatre élèves a commenté et présenté le problème par écrit ; cette présentation a constitué le texte final après avoir été enrichi par l’enseignante ;
- le deuxième groupe de cinq élèves a présenté le problème visuellement en utilisant des appareils photos pour la prise de photographies et de diapositives ;
- le troisième groupe s’est occupé du rassemblement de matériel journalistique concernant des cas analogues dans le but d’effectuer une présentation comparative et de créer une sorte de journal mural ;
- le quatrième groupe s’est occupé d’une exposition d’oeuvres des enfants dans les couloirs de l’école.

Les conclusions et les propositions ont été rédigées par tous les élèves de la classe. Il faut ajouter que la collaboration entre l’enseignante et les élèves était constante. Nous avons défini un après- midi comme jour de présentation et nous y avons invité l’association des parents, les enseignants de l’école et un délégué du con-seil municipal. Le programme comprenait : la présentation du thème par un élève ; la présentation du problème dans l’espace réel grâce à une projec-tion commentée de diapositives ; la présentation, par un élève, des cas semblables trouvés à l’aide du matériel journalistique ; la discussion, coordonnée par l’enseignante, qui avait comme but de faire entendre l’opinion des parents, des enseignants et des élèves sur le thème et la lecture des propositions par un élève. Ces propositions consistaient en un drainage, un net-toyage de la rivière et en l’installation d’un terrain de jeux ou simplement d’un espace libre pour les enfants. Dans les couloirs de l’école, on pouvait visiter l’exposition de photographies et de dessins d’élèves sur le thème "La région aujourd’hui et demain, comme vous l’imaginez" complétée par des articles de journaux et de revues. Mais au-delà du message concernant la rivière, les enfants ont voulu sensibiliser et mobiliser leurs parents, les sortir de la logique d’indifférence et de fatalisme qui marquent des problèmes quotidiens sur lesquels ils ont une prise immédiate.

Nous pensons qu’il est primordial d’inviter les élèves à défendre leurs opinions et leurs désirs. Car c’est ainsi que les enfants :

- découvrent le savoir, le préparent et l’organisent au lieu de l’accepter obligatoirement ;
- sont initiés à l’utilisation de nouvelles méthodes et pratiques (prendre des notes, faire des photos, rédiger des textes, rassembler du matériel) ;
- passent de la description à l’argumen-tation ce qui les oblige à trouver et à soutenir leurs opinions ;
- sont socialisés à travers leur collaboration au sein de leur groupe, avec les autres groupes et avec l’environnement social ; prennent conscience que le droit de tout citoyen ne se limite pas à l’acquisition des informations mais s’étend à leur pro-duction et à leur discussion critique.

Pour exécuter ce projet, nous avons dû travailler deux, trois semaines en dehors de la période scolaire. Ceci nous montre qu’il serait difficile d’organiser de pareilles manifestations régulièrement, mais surtout qu’il serait nécessaire de réajuster l’ensemble du cursus scolaire. Nous ne prétendons pas avoir couvert le sujet de la meil-leure façon possible. Nous sommes sûrs qu’il reste encore beaucoup à faire. Néanmoins, en regardant les événements d’un point de vue optimiste, il semble préférable de nous occuper de l’éveil de l’esprit, en utilisant même avec un faible taux de succès, certaines méthodes alternatives et l’expérimentation.


Contact : Ritsa KARAGEORGOU, c/o Y. ZIAKA, Chalkokondyli 36, 10432 Athènes, Grèce

Gisement Yolanda ZIAKA, Polis - Réseau International en Education à l’Environnement, B.P. 4, 84100 Ermoupolis, Syros, Grèce, Tél. : 30 / 22810 / 87804, Fax : 30 / 22810 / 87840, e-mail : polis@otenet.gr