Parlement Mondial pour le 21e Siècle


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Procédure en 5 ans pour un PM
Jean-Marc FLAMENT
Monday, 14 April 2003


Bonjour à tous,

Je ne suis à nouveau pas d'accord avec les vues de John D. Giorgis en ce qui concerne les conditions de participation des populations au Parlement Mondial.

Son opinion reflète simplement le rejet de ceux qui ne pensent pas comme lui. Refuser la représentation dans un PM aux populations des pays qui n'auraient pas une structure de gouvernement de type démocratique ou une économie de type libéral reflète simplement une conviction personnelle selon laquelle le système de gouvernance étatique le plus répandu serait le meilleur.

Faut-il rappeler que, chaque jour, 25.000 enfants meurent de faim dans le monde gouverné sur le principe de la mondialisation libérale? Cela représente dix * 11 septembre * par jour!

Son raisonnement s'appuie sur la croyance que des pays comme l'Irak de Saddam, la Chine, la Corée du Nord par exemple n'autoriseraient pas leur population à élire ses représentants au PM. C'est un a priori douteux. Des pays membres des Nations Unies doivent au contraire jouir de préjugés favorables.

Le mode de fonctionnement du PM que nous avons préconisé , avec des communautés d'idées représentant chacune une aspiration fondamentale de la population (droit à la nourriture, à l'eau potable, à l'enseignement, à la liberté de culte, à la liberté d'expression, aux soins de santé, à entreprendre, à vivre en paix, etc...) vise précisément à établir les aspirations profondes des populations et à les réunir par delà les systèmes étatiques. Il n'est pas question que cette représentation puisse être récupérée par quelque système étatique que ce soit, qu'il s'agisse de la Corée du Nord ou des Etats-Unis, ni par quelqu'autre mouvement politique, nationaliste ou indépendantiste.

Un processus intelligent peut garantir à ces populations une totale indépendance à l'égard des pouvoirs étatiques. Par exemple:

Année 1 : Détermination par sondages pour déterminer les communautés d'idées

Détermination par sondages à l'échelle mondiale des différentes préoccupations des gens en vue de déterminer les étiquettes des futures communautés d'idées. La procédure devrait présenter déjà aux populations les idées fondamentales (comme celles évoquées plus haut) parmi lesquelles les sondés devraient choisir une seule et une case vierge dans laquelle les sondés devraient inscrire la préoccupation fondamentale qui leur semble n'avoir pas été reprise dans la liste. A ce stade, il n'y a rien de menaçant pour les Etats, même marginaux. Et aucune implication active ne leur est encore demandée.

Année 2 : Publication des communautés d'idées officielles et appel aux candidats locaux

Publication des communautés d'idées officielles sur base du sondage mondial et appel aux candidats locaux. La liste préétablie des communautés d'idées étant enrichie de celles revenant le plus souvent dans la case vierge du sondage. Par candidats locaux, on entend des candidats village par village, quartier de ville par quartier de ville, avec un maximum de 5.000 habitants.

A ce stade, les pouvoirs étatiques n'ont aucun autre devoir que de laisser passer l'information relative à l'appel des candidatures. Sauf émergence d'une communauté issue du sondage qui s'appellerait * stop à la répression *, ils ne devraient pas ressentir ces futures élections comme menaçantes. Si tel était cependant le cas, il faudrait négocier avec l'Etat non seulement la sécurité mais aussi l'absence de toute mesure de représailles envers les candidats de cette communauté. Les arguments sont les suivants: a) une communauté * stop à la répression * dans un PM ne vise pas un Etat particulier mais tout Etat qui s'y livrerait. La liste des communautés serait identique dans tous les pays.

b) l'Etat qui accepte sans entraves le processus du PM se dote d'une crédibilité mondiale qui dément en quelque sorte les accusations dont il pourrait être victime.

c) les élections permettront de relativiser l'importance des différentes aspirations des gens. Il y a gros à parier que les aspirations les plus basiques recueilleront le plus grand nombre de suffrages.

Année 3: Elections locales.

Dans chaque village ou quartier de ville, les gens votent d'abord pour une ou plusieurs communautés (dix voix à répartir) et à l'intérieur de celles-ci pour le candidat qu'ils estiment le plus apte à les représenter. Si un électeur accorde 5 voix à une communauté et une voix à cinq autres communautés, le candidat choisi dans la première reçoit cinq voix et chaque candidat choisi dans les autres une seule voix.

A ce stade, la coopération de l'Etat est requise mais le scrutin est organisé sous contrôle de l'ONU. L'Etat qui ne collaborerait pas se verrait privé de l'appui de ses concitoyens au PM. Etre représenté à l'ONU et non au PM constituerait une anomalie d'autant plus invraisemblable que l'ONU représente les Etats et le PM les populations. Existe t-il un Etat sans population?

Année 4: Mise en place des structures régionales et nationales:

Les élus locaux d'une même région se rencontrent régulièrement (rythme hebdomadaire), communauté par communauté, pour évaluer les besoins de la population dans la matière spécifique de leur communauté et font l'inventaire des solutions internes et externes disponibles. Ayant appris à se connaître, ils nomment au bout de six mois, ceux d'entre eux qui parleront en leur nom au niveau régional et créent de ce fait une instance régionale de la communauté d'idées.

Tandis que les élus locaux continuent à alimenter en informations, suggestions et propositions l'instance régionale, les élus régionaux se rencontrent selon la même fréquence au plan national pour mettre en commun les problèmes et solutions envisagées dans leur région respective. Au bout de six mois, ils cooptent ceux qui, parmi eux, représentent le mieux leurs aspirations communes et créent donc un bureau national de la communauté. Le nombre de cooptés dépend du score réalisé par la communauté dans le pays.

Année 5: Formation du Parlement Mondial et mise en place des *ambassades* nationales.

Les élus nationaux restent bien entendu en contacts réguliers avec les centres régionaux qui leur transmettent les demandes et suggestions de la base via leurs propres contacts avec les élus locaux.

Ils reçoivent des Nations-Unies une dotation en équipement et personnel en vue de créer dans le pays un bureau d'études avec des spécialistes (recrutés sur le marché international par les élus) chargés d'étudier les causes des problèmes rencontrés spécifiques à l'aspiration citoyenne en charge de la communauté d'idées et la faisabilité des solutions internes et externes proposées par les instances régionales et locales de la communauté.

Chaque bureau national nomme parmi ses élus le ou les plus aptes à le représenter au Parlement Mondial. En fonction du nombre d'élus auquel a droit la communauté sur base des résultats au plan mondial des élections locales! Ce mandat est révocable en tous temps si le vote du représentant au PM n'est pas conforme à la volonté de la base. Chaque élu local a la possibilité de soumettre en tous temps une demande de révocation qui, bien entendu, devrait être avalisée par les autres instances locales et régionales pour avoir effet.

A côté du PM se trouve un super-centre d'études pluridisciplinaire qui étudie au plan mondial les causes et conséquences des propositions déjà analysées au niveau des bureaux d'études nationaux notamment sous l'angle des effets indirects sur les préoccupations d'autres communautés des propositions soumises par l'une d'entre elles. Les bureaux d'études nationaux sont spécifiques à chaque communauté d'idées tandis que le super-centre d'études du PM est à la disposition de toutes les communautés.

Le rôle du PM serait alors de soumettre aux voix les propositions émises par chaque communauté d'idées après expertise du centre d'études du PM. Sauf effet secondaire défavorable pour ses propres objectifs une communauté d'idées n'a pas intérêt à bloquer par son vote les propositions des autres communautés qui ne sont pas concurrentes mais complémentaires.

Ces propositions devraient avoir force de loi pour les pays membres des Nations Unies et c'est là que se situe le problème, certains pays, suivez mon regard, s'arrogeant le droit de passer outre la volonté de la population mondiale et ne reculant devant aucune forme de terreur pour imposer leur loi et défendre leurs intérêts.

Avantages de cette procédure en 5 ans

En tous cas, la suggestion de procédure en 5 ans exprimée plus haut présente les avantages suivants:

1) assurer une véritable représentation de la population mondiale grâce à une élection unique au niveau le plus local possible, les gens votant pour des personnes qu'ils connaissent, celles-ci cooptant alors les plus fiables d'entre elles.

2) empêcher la récupération étatique par l'absence d'élections centrales, une campagne médiatique pour des représentants locaux subordonnés au pouvoir étant difficilement imaginable à un moment où la part de suffrages qu'obtiendra chaque communauté n'est pas encore connu et n'offrant aucune garantie de cooptation par la suite.

3) mettre en relief les préoccupations essentielles de l'humanité et relativiser l'importance de certaines préoccupations des détenteurs du pouvoir étatique.

4) réunir les populations du monde dans des instances internationales non étatiques. Tout en vivant en Belgique dans des conditions plus ou moins confortables, je pourrais voter pour la communauté "stop à la pauvreté" et être ainsi solidaire de populations africaines, asiatiques ou sud américaines. Au fil du temps, si les communautés d'idées représentées au PM prennent de plus en plus d'importance par rapport aux gouvernements étatiques, le concept de guerre devrait disparaître, les gens n'étant plus groupés géographiquement mais par affinités de préoccupations.

Comme vous pouvez en juger, le point crucial sera l'acceptation par les Etats en place d'un système aussi démocratique non manipulable. Le gouvernement américain trouvera sans doute plus * démocratique * de ne laisser à son peuple pour le représenter que le choix entre deux milliardaires beaucoup plus proches des magnats du pétrole ou de l'armement que de leur population. Aux Etats-Unis, c'est ça qu'on appelle "démocratie".

Bien à vous Honte à G.W. Bush

Jean-Marc Flament


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