Parlement Mondial pour le 21e Siècle


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Synthèse No 3 (4-10 novembre 2002)
L'Universalisme, le Dialogue Interculturel Global et la Justice Globale

Arnaud BLIN
Equipe PM21





Résumé

Cette semaine a témoigné un haut nombre de messages et de présentations. La discussion sur les valeurs, les principes et les buts ont continué avec un débat sur l'universalisme, les valeurs universelles et le dialogue interculturel global. Nous avons aussi abordé l'une des questions fondamentales derrière la création d'un parlement mondial: "qu'est-ce qu'est la justice à l'échelle globale? "


Les présentations

Les présentations ont continué à une allure rapide cette semaine avec des personnes qui ont écrit encore depuis plusieurs continents. Le groupe était encore une fois divers avec une plus grande participation de femmes que dans les deux semaines antérieures. Deux participants qui ont joint la discussion ont été activistes dans des organisations telles que l'Association du Parlement et la Constitution Mondiaux et le Mouvement fédéraliste Mondial.

La suite de la discussion initiale sur les valeurs, les principes, et les buts

A cause du grand nombre de messages entrants, nous avons décidé d'étendre la discussion initiale sur les valeurs, les principes et les buts une autre de plus, jusqu'au 17 novembre, donc déplaçant le premier "café repos" à la semaine suivante. A continuation voici un résumé de quelques idées qui ont été présentées au forum cette semaine. L'organisation de ces idées est, comme toujours, déterminé un peu subjectivement par le synthétiseur.

Questions du modérateur

A partir de la suggestion par un participant pour baser le PM sur quelques principes et valeurs fondamentaux (1 Respect et solidarité - 2 Clarté - 3 Cohésion - 4 Protection - 5 vraie représentativité - 6 flexibilite et faculté d'adaptation - 7 Citerrienété), le modérateur du forum, Rob Wheeler, a ouvert la discussion avec quelques questions:

- Comment est-ce que nous pouvons assurer qu'une gouvernance globale, ou un parlement mondial, opère d'après les valeurs et principes sur qui sont agrées?
- Quel outils ou instruments pourraient représenter et définir au mieux ces valeurs et principes, et lequel ne pourraient pas, et pourquoi? Par exemple, une constitution écrite globale, un ensemble de practices de droit internationale sans un texte central, des constitutions régionales ou locales, des déclarations, un code universel sur la toile, actualisé par l'intervention de tous les gens, ou tout autre outil que vous voulez suggérer. (Voyez le message d'introduction de ce mois pour plus de détails.)
- Comment est-ce que nous pouvons assurer que nos institutions globales commencent à opérer d'après tels principes? Quels mécanismes pourraient être utilisés pour aller vers leur adoption? Par exemple, les cahiers de propositions de l'Alliance, la campagne de Charte 99 pour la responsabilite globale, l'initiative de la Politique Simultanée, la campagne Ubuntu pour la transformation de la gouvernance globale, etc.

L'universalisme

Le 20eme siècle sera connu probablement aux historiens comme le siècle des "ismes": nazisme, marxisme, fascisme, totalitarisme, colonialisme. Beaucoup de ces "ismes" avaient une racine commune: le nationalisme. Et tandis que quelques-uns des produits de nationalisme, tel que le nazisme est presque mort, le nationalisme motive encore beaucoup des actions politiques d'aujourd'hui et la rhétorique idéologique. Comme une valeur pour le progrès, le nationalisme a prouvé maintes fois dans le passé qu'il n'est pas à l'hauteur. Si le monde doit aller en avant, d'autres valeurs doivent prendre la relève. Un candidat fort peut être l'universalisme. Dans les mots d'un participant, l'universalisme est "Le seul 'isme' que mérite notre support comme la seule valeur valable pour le 21eme siècle", en ajoutant que " l'universalisme est la seule attitude mentale pour l'aujourd'hui, c'est le seul remède pour les maladies sociales qui persécutent notre planète. Si les gens peuvent apprendre à adopter cette valeur d'universalisme, si ils peuvent apprendre à mettre ce principe au-dessus du concept de souveraineté de l'état, alors le concept pratique de gouvernement mondial ira automatiquement de soi."

Est-ce que l'universalisme entraîne nécessairement des obligations? Est-ce que l'universalisme devrait avoir sa propre langue, sans aucun parti pris culturel? Un participant a suggéré que l'égalité culturelle et linguistique peut être une condition préalable pour un parlement mondial. Mais, étant donné que l'adoption d'une langue courante d'aujourd'hui provoquerait nécessairement l'inégalité, peut-être on devrait essayer d'adopter une langue neutre telle qu'espéranto, ou même le latin ou l'arabe classique, parce ils sont "langues à personne". Ceux qui peuvent penser que cela c'est un peu forcé ou irréaliste, je rappellerai tout le monde l'exemple d'Israël où la vieille langue hébraïque a été ranimée avec succès à la fin du 19e siècle.

Mais, comme un autre participant suggère, on pourrait regarder aussi l'universalisme comme enraciné dans une mentalité occidentale qui est basée sur une dimension "monopolaire" dérivée de cultures monothéistes statiques. Par conséquent, nous avons besoin de regarder à quelque chose d'autre. Alors, "seulement si nous acceptons le dualisme ou le pluralisme comme * la * motivation créative nous aurions la chance de développer une attitude qui respecte les principes cosmiques inhérents. Une telle attitude sera caractéristique d'une maturation mental et ouvrira les yeux face à l'injustice qu'une mentalité élitiste a causé et encore imposée sur la planète et ses habitants. "

Le dialogue interculturel global

Un autre façon de regarder l'universalisme est à travers la perspective d'un dialogue interculturel global. Si l'on considère l'histoire récente du monde, un dialogue doit prendre en considération la fissure entre le Nord et le sud. Dans ce sens, les deux côtés doivent trouver un chemin pour coexister dans l'harmonie. Par exemple, les non occidentaux pourraient accepter l'idée qui, dans la construction d'une globalisation humanisée, des valeurs communes globaux devraient être développés. Les occidental devraient ouvrir d'une certaine façon l'espace qu'ils ont occupé depuis longtemps, et mettre de côté leurs discours sur l'universalisme, les droits individuels, l'égalité, etc., en laissant les autres construire et mettre sur la table leurs propres visions de ce que le monde devrait être, quelquefois réappropriant des idées occidentales, et sûrement aussi inspirés par les meilleurs aspects de leurs propres traditions. À travers ceci, peut-être nous atteindrons quelques valeurs * universels * communs, formulés démocratiquement, et acceptés par nous tous, en étant le résultat d'un dialogue en * égalité * de conditions.

La justice à l'échelle globale

Le plus grand travail de philosophie politique du vingtième siècle est indiscutablement * A Theory of Justice* (Une théorie de la justice) de John Rawls. Dans ce texte, l'auteur introduit un concept important, celui de la justice, qu'il oppose à l'approche utilitaire adopté par la plupart des sociétés libérales. La justice compte sur une compréhension générale du contrat social où tous les valeurs sociaux - la liberté, la richesse, le respect, les choix et les possibilités - est distribué également parmi les individus d'une société. Le type de société où Rawls envisage cet événement est une démocratie constitutionnelle. J'ai trouvé que son approche, si on l'étend au-delà les confins de l'état, est très semblable à plusieurs contributions faites dans le forum. Par exemple, un des participants propose qu'une "vraie" démocratie mondiale devrait être basée sur quelques "minimums indispensables" tels que:

1. doter les 6 mille millions d'habitants de la planète d'une vraie capacité de participer à la sphère publique, à partir de doter tout l'être humain, sans distinction, de la part de l'administration publique, un montant nécessaire d'argent pour être capable de subsister dans la dignité, c'est-à-dire, au-dessus du seuil de pauvreté. Si la vie d'une personne dépend de la charité, des faveurs ou même des contrats où lui ou elle ne sont pas capables de négocier, cette personne n'a pas une vraie capacité de participation politique.
2. nous doter d'un système politique mondial qui garantit la liberté comme non - dominance, c'est-à-dire, qui entrave les interventions arbitraires dans la vie individuelle aussi bien que dans les collectivités. Si un individu ou une communauté sont vulnérables d'interventions arbitraires ceci n'est pas une démocratie vraie.

Un autre participant a répété les inquiétudes de Rawls concernant le rapport proche entre justice et liberté en suggérant que nous devons prendre les autres en considération: "ceux qui n'ont pas l'indispensable pour manger, boire, dormir, s'abriter, être en santé; ceux dont leur dignité, leur droit, leur justice, leur liberté ne sont pas assurées; tout ce qui ne peuvent pas s'exprimer avec nous dans nos échanges, encore avec d'autres autour d'eux; ceux qui souffrent d'être des femmes, des enfants, des hommes touchés par la misère dans un monde de gaspillage ; ceux qui restent dans des géographies différentes, avec des histoires différentes; des besoins différents, des environnements différents." Bref, un parlement mondial doit ne pas être seulement fondé sur des valeurs et des principes, mais aussi sur des responsabilités, et aussi d'une volonté d'agir.

Conclusion

Avec cela on conclut la deuxième semaine de la discussion initiale sur les valeurs, les principes et les buts. Jusqu'ici, la discussion a été centrée sur la pertinence des * valeurs universelles * et sur une compréhension de ce que ces valeurs peuvent être. Pendant qu'il y a un consensus défini autour du besoin de déterminer ces valeurs, les difficultés surviennent dès que nous essayons de proposer des définitions précises. La dichotomie entre les valeurs occidentales et les non occidentales c'est une question importante qui a besoin d'être résolue. En général, les participants essaient de trouver un bon équilibre entre des valeurs générales et valeurs spécifiques. Quant aux principes et aux buts, la discussion a été cernée avec plusieurs suggestions spécifiques. Ces propositions initiales devraient servir comme matière fondamentale pour la continuation de la discussion qui, à travers un processus dialectique naturel, devrait nous permettre plus tard arriver à un cours plus consensuel d'action.
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